Entretenir son couteau
Confiez moi vos couteaux pour leur donner une deuxième jeunesse !
Je vous propose de redonner du tranchant à vos couteaux selon les étapes précises que m’ont enseignés les spécialistes Thiernois de la coutellerie.
Vous pouvez me consulter pour réparer une lame, un ressort ou un manche qui a trop vieilli. Nous étudierons ensemble la faisabilité.
L’art d’entretenir son couteau artisanal
Un couteau de qualité mérite un soin particulier pour traverser les années tout en conservant son tranchant et son esthétique. Voici mes conseils pour entretenir votre outil au quotidien.
La règle d’or : le nettoyage de la lame
« Un couteau ne se lave pas, il s’essuie ! »
- À proscrire : ne passez jamais votre couteau au lave-vaisselle et ne le plongez pas sous l’eau du robinet.
- La bonne méthode : essuyez la lame avec un chiffon ou un torchon légèrement humidifié, puis séchez-la soigneusement.
- Prévenir la rouille : les lames en acier carbone sont très sensibles à l’oxydation. Après chaque utilisation et séchage, appliquez une fine couche d’huile (lin, olive ou huile ménagère). En milieu marin ou très humide, traitez également les lames en inox, car elles peuvent aussi rouiller.
- En cas de contact avec l’eau salée : rincez immédiatement à l’eau douce, séchez puis huilez généreusement.
L’entretien du manche et des mitres
- Manche en bois : le bois peut sécher, foncer ou gonfler. Nourrissez-le régulièrement avec de l’huile de lin ou d’olive. S’il est très abîmé, poncez-le légèrement et uniformément avec du papier de verre très fin (grain P400) avant de le lustrer à l’huile. Ne l’immergez jamais dans l’eau.
- Manche en corne : sensible à la chaleur (ne pas dépasser 50 °C, attention aux véhicules au soleil) et à l’humidité. Appliquez le même soin que pour le bois afin d’éviter que le matériau ne se dessèche ou ne se déforme.
- Mitres : pour des mitres en inox, entretenez-les comme la lame. Si elles sont en laiton, utilisez un produit de polissage adapté (type Miror).
Axe, mécanisme et stockage du couteau pliant
- Mécanisme et axes : graissez régulièrement l’axe en le faisant jouer pour bien faire pénétrer le lubrifiant, puis essuyez l’excès pour ne pas tacher vos vêtements. Nettoyez l’intérieur du manche (poussières, textiles) à l’aide d’un cure-dent en bois pour éviter les rayures.
- Transport : pour éviter les rayures causées par des clés ou de la monnaie, utilisez un étui en cuir ou en feutre.
Aiguisage ou affilage, telle est la question ?
L’affûtage est l’action qui consiste à recréer ou à restaurer le tranchant d’un couteau lorsque celui-ci est usé ou émoussé. L’affilage, quant à lui, consiste à entretenir ce tranchant au quotidien, afin de préserver son efficacité.
La différence est importante, car l’essentiel, pour un couteau, c’est qu’il coupe. Cela peut paraître évident, voire relever de la lapalissade, mais combien de bons couteaux finissent par perdre en efficacité simplement par manque d’affilage ?
Pensez à votre boucher derrière son étal. Entre deux clients, entre deux découpes, que fait-il ? Il affile son couteau. Autrement dit, il entretient régulièrement son fil pour maintenir son tranchant.
Il n’attend pas que sa lame soit complètement émoussée pour devoir réaffûter son couteau.
L’affûtage consiste à retirer la partie rouge
L’affilage consiste à entretenir le tranchant
Concernant l’aiguisage, il existe plusieurs méthodes qui ont fait leur preuve.
La mienne consiste à abraser les taillant, du talon à la pointe, avec une bande abrasive de grain 220. Alterner l’abrasion pour enlever de la matière de chaque côté de la lame. Éviter l’échauffement de la lame pour ne pas détériorer le traitement thermique.
L’abrasion doit être régulière du talon à la pointe de la lame.
Après apparition du morfil, stopper l’abrasion. Passer légèrement le taillant sur une frotte en coton enduite de pâte à polir pour supprimer la bavure. Essuyer au cuir. La hauteur du taillant ne doit pas excéder 2 mm du talon à la pointe. Contrôler la qualité de coupe.
Profil plat. Les deux faces latérales sont droites, la lame est moins épaisse que le profil bombé, la coupe est augmentée mais la résistance aux chocs est diminuée.
Concernant l’affilage, il existe les pierres, les fusils, les guides, à chacun sa méthode.
Il faut respecter l’angle. Des outils existent, comme par exemple le module à broches croisées destiné aux professionnels ou l’aiguiseur manuel à 3 étapes pour les particuliers.
Laurent Chabut